De Gaza

De Gaza à Damas, l'entente macabre
Editorial de la semaine du 21/07/2007
Par Guy Senbel pour Guysen International News
Vendredi 20 juillet 2007 à 01:01

Cette semaine, nous souhaiterions attirer l'attention de nos lecteurs sur les nombreuses initiatives politiques lancées au Moyen Orient, celles qui sont portées par le camp de la modération, celles qui initient et encouragent la stratégie de la terreur.

Soutenu par les Etats Unis et l'Union Européenne, en proposant d'organiser des élections anticipées, le Président de l'Autorité palestinienne continue d'incarner un rôle de modéré face aux discours toujours plus menaçants du Hamas et aux violences qu'il continue de revendiquer.

Mercredi 18 juillet, Mahmoud Abbas affirmait avec véhémence que des élections générales anticipées pourraient se tenir dans un proche avenir, qualifiant d' « énorme crime » le « Putsch » du Hamas qui a pris le contrôle de la bande de Gaza le mois dernier. L'objectif d'Abbas semble clair : rétablir l'ordre, faire cesser violences et crimes, redonner une crédibilité perdue aux Palestiniens, construire la paix avec Israël.

En réaction le Hamas a lancé, jeudi 19 juillet, une attaque virulente contre le président palestinien, accusé de ne pas être digne de diriger son peuple. Lui reprochant de saluer le président Olmert avec « accolades et baisers », le leader spirituel du Hamas Mahmoud Zahar considère que ces élections anticipées sont destinées à satisfaire l'Amérique et qu'elles sont par définition vouées à l'échec.

Le projet politique de Mahmoud Abbas dépend aussi du regard que porte la Syrie sur son initiative. Déjà, au mois de janvier 2007, après avoir déclaré pour la première fois que des élections étaient nécessaires, il avait dû se rendre à Damas pour y rencontrer Khaled Mechaal, le chef politique du Hamas, entouré de responsables syriens. Nul n'ignore la suite des événements. Attaques incessantes du Hamas, exacerbation des violences inter-palestiniennes, Gaza à feu et à sang. Deux ans après le désengagement israélien.

Bachar Al-Assad fera sans doute son possible pour empêcher que la ligne des modérés ne trace quelque plan de paix au Moyen Orient.
Et c'est peut-être pour essayer d'infléchir ses positions que la France a pris la décision d'envoyer en Syrie un émissaire du ministre des affaires étrangères... Cette « ouverture française » est cependant peu appréciée par le département d'Etat américain qui évoque la possibilité que le Président syrien utilise cette visite comme une opération de relations publiques qui pourrait mettre son pays, le premier allié arabe de l'Iran, sur la voie de la normalisation.

Si la France affirme qu'il s'agit d'un « signe sur le chemin de l'apaisement », ce n'est guère l'avis des Libanais, premières victimes de la « tutelle » syrienne. D'ailleurs la conférence organisée à la Celle-Saint-Cloud les 14 et 15 juillet, destinée à réunir tous les Libanais autour d'une même table, n'aura donné aucun résultat.

La France poursuit certainement d'autres objectifs : protéger les contingents de casques bleus au sein de la Finul, plaider la libération des trois soldats de Tsahal kidnappés depuis plus d'un an, grâce à une « entente macabre » entre Gaza, Damas et Téhéran, qui empêche toujours leur libération. Et puis,un de nos soldats est aussi de nationalité française. Guilad Shalit, dont la libération deviendrait le symbole d'une amitié profonde.

Jeudi 28 juillet, au lendemain du retour en France de l'émissaire du Quai d'Orsay, le Président iranien Ahmadinejad était en Syrie pour rencontrer Bashar Al-Assad, et les responsables du Hamas et du Hezbollah installés à Damas.
Alors qu'Ehoud Olmert avait posé comme condition aux Syriens de rompre toute relation avec l'Iran pour pouvoir entamer des négociations, la proposition d'Assad d'ouvrir des pourparlers de paix avec Israël, en échange d'une restitution du Golan, ne semble guère crédible.

Ce soir, nos pensées vont vers Guilad Shalit, Eldad Reguev et Ehoud Goldwasser, qui croupissent dans les geôles du Hamas et du Hezbollah, depuis un an. Nos pensées vont aussi vers leurs familles qui continuent obstinément un combat qui interdit de perdre l'espoir : le combat pour la vie.