| On se croirait d |
Page 1 of 2 Pour la première fois lundi soir, des candidats démocrates ont répondu sur CNN à des internautes sélectionnés par le site You Tube. Avant le grand soir, Bill Schneider, analyste politique à CNN, a décrypté pour le figaro.fr la folie qui entoure d'ores et déjà cette course à la Maison-Blanche, près d'un an et demi avant le scrutin.
Quels sont les enjeux déterminants de l'élection présidentielle 2008?
Sur le plan extérieur, si les troupes américaines se font toujours tuer en Irak, ce sera le problème clef de la campagne présidentielle 2008. Voilà à quoi le débat va ressembler : les républicains vont affirmer que si les GI's se retirent d'Irak trop tôt, cela mettra en péril la sécurité des Etats-Unis. A l'inverse, les démocrates affirmeront que plus l'US Army restera, plus cela menacera la sécurité.
De ce point de vue là, le jeu démocrate consiste à refaire leur campagne de 2006 - leur dernière grande victoire - et à transformer le scrutin en référendum sur l'Irak. Tout comme les républicains qui veulent en faire un référendum sur la sécurité et le terrorisme.
Un autre sujet pointe à l'horizon : l'Iran. Les démocrates redoutent que le président Bush lance une attaque préventive avant de quitter la Maison-Blanche. Les républicains sont très prudents à ce sujet parce qu'ils savent que les électeurs ne sont pas tellement d'humeur à se relancer dans de nouvelles aventures militaires. À moins qu'ils n'y aient des provocations.
Sur le plan intérieur, le problème le plus important est l'assurance maladie, à cause de la rapide inflation des polices d'assurance maladie que de nombreux travailleurs et employés ne peuvent plus supporter.
Les choses ont beaucoup changé au sujet de la sécurité sociale : de plus en plus de membres des milieux d'affaires américains estiment que le gouvernement doit s'en mêler. De nombreux chefs d'entreprises estiment que la hausse du coût de la sécurité sociale pour leurs employés les empêche d'être compétitifs en matière d'économie globale.
L'immigration aussi sera une question déterminante pour les primaires républicaines. La plupart des candidats républicains, à l'exception de John McCain, sont hostiles au plan de réforme de l'immigration de George W. Bush.
Hillary Clinton bénéficie d'une très large avance dans les sondages, mais il reste encore plus de 450 jours avant le scrutin. Qu'est-ce qui pourrait la faire trébucher d'ici à novembre 2008 ?
Les sondages. Où que j'aille aux Etats-Unis, les démocrates me posent la question : «Est-ce qu'Hillary peut être élue ?» Si les sondages sur CNN International commencent à dire qu'elle ne peut pas être élue, les démocrates y penseront à deux fois avant de la nommer.
Les Républicains m'ont posé une question sensiblement différente : «Quel républicain peut battre Hillary Clinton ?»
A l'heure d'aujourd'hui, les sondages disent que les Américains veulent élire un démocrate en 2008. Mais si elle est cette candidate, la course va être très serrée.
Pourquoi ?
Le problème pour Hillary Clinton, c'est qu'il lui sera difficile de rentrer dans la peau du «chef des armées». J'ai couvert la politique dans de nombreux pays et les Etats-Unis sont le seul que je connaisse où les électeurs choisissent un leader, un commandant en chef de l'armée. C'est la description du travail du président dans la constitution des Etats-Unis : il tient le rang militaire.
Alors, est-ce que des stéréotypes sexistes vont empêcher les Américains de voir une femme dans ce rôle ? Nous n'en savons rien. Les gens ne sont pas prêts à avouer ce genre de préjugés aux sondeurs. Mais cela peut être une des raisons pour lesquelles aucun grand parti n'a jamais nommé une femme pour la course à la présidentielle.
En fait, aucun des principaux candidats démocrates (Clinton, Obama, Edawards) n'a d'expérience militaire. Bien sûr, Bill Clinton n'en avait pas non plus en 1992. Mais c'était une période d'accalmie entre la fin de la guerre froide (1991) et le début de la guerre contre le terrorisme (2001). Pendant ces dix années, la sécurité nationale n'était pas un problème. Les Américains ne pensaient pas qu'on pouvait les menacer, malgré un certain nombre d'indices (l'attentat du World Trade Center, l'attaque de l'USS Cole, etc.) Maintenant, les informations sur la sécurité nationale comptent à nouveau.
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