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Par Nina
Levy-Strauss
Dimanche 22 juillet 2007 à 14:13
Ce dimanche 22 juillet, Paris célèbre le 65e
anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv. Un moment sombre de l'histoire
française.
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Une cérémonie s'est
déroulée au square des Martyrs juifs (XVe), en présence de rescapés et de
personnalités politiques, dont le Premier ministre François Fillon qui a
notamment déclaré :
''Ceux qui ont arrêté [les juifs en juillet 1942] étaient aux ordres du
gouvernement capitulard, antisémite et xénophobe de Vichy œuvrant pour le
compte de la Gestapo allemande''.
Rappelant que ''Philippe Pétain, chef de l'Etat français, Pierre Laval, chef du
gouvernement, René Bousquet, chef de la police, n'avaient pas été à l'origine
de la solution finale", le Premier ministre français a néanmoins précisé
que "c'est en pleine conscience de leurs actes qu'ils ont choisi de
remplir le rôle de pourvoyeurs des camps de la mort.
Ils n'ont droit à aucune circonstance atténuante car, spontanément, ils ont
inscrit dans la loi un statut discriminatoire des Juifs et ont pris les mesures
qui les réduisaient à la condition de parias...
Lorsque la voix de ceux qui ont vécu cette tragédie se sera tue, il reviendra à
la jeunesse de France de prendre le relais de leurs paroles, de leur mémoire.
Vous le ferez pour eux, pour la France''.
Simone Veil, qui était également présente à la cérémonie, a pour sa part lancé
un appel au travail de mémoire :
''Bien des livres et des films ont confirmé la crédibilité de [la déportation]
dont nous avions parlé sans convaincre, car nous en avions été les victimes.
J'espère que nos témoignages seront utilisés à bon escient''.
Rappelant le martyr des juifs français, Richard Prasquier, président du CRIF a
affirmé que ''l'Etat français de l'époque fut le complice d'un crime en
envoyant des policiers français effectuer contre des innocents absolus ces
horribles rafles du 16 et du 17 juillet 1942 à l'issue desquelles 13 152
hommes, femmes et enfants furent arrêtés. 8 160 furent parqués dans les
conditions de promiscuité et d'hygiène épouvantables dans ce Vélodrome d'Hiver
aujourd'hui disparu..."
Profitant de l'occasion le président du CRIF a également fait une allusion au
danger iranien :
"L'antisémitisme dans le monde ne diminue pas et, pour la première fois
depuis que cette cérémonie du Vel d'Hiv a lieu, un État prétend officiellement
en faire disparaître un autre de la Terre. Le pays à qui ce sort dramatique est
promis est, comme par hasard, celui où s'est réfugiée une grande partie du
peuple juif. Nous ne les laisserons pas faire''.
Vendredi 20 juillet, le président Nicolas Sarkozy s'était rendu au Mémorial de
la Shoah, à Paris (IVe), où sont inscrits sur un mur les noms des 76.000 Juifs
déportés de France.
"À la veille de la commémoration du 65e anniversaire de la rafle du Vel
d'Hiv, le chef de l'État souhaite ainsi rendre hommage à la mémoire des martyrs
du plus terrifiant crime de l'histoire, dont près de 80.000 de nos
compatriotes, au seul motif de leur religion ou de leurs origines religieuses,
ont été victimes pendant l'occupation", a expliqué le porte-parole David
Martinon.
Il "saluera aussi à cette occasion la mémoire des Justes de France qui ont
refusé cette abomination et qui se sont mobilisés pour sauver des vies
innocentes", a-t-il ajouté.
Jacques Chirac a été le premier président de la République à
reconnaître, le 16 juillet 1995, la responsabilité de l'État français dans la
déportation des juifs.
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