| LA DECOUVERTE DES JUIFS BERBERES |
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Pierre Flamand explique comment la "mentalité" des juifs autochtones, originaires des régions berbères a été façonnée par leur milieu. Ces juifs appelés "shleuh" seraient identifiables du fait de leurs noms (Abergel, Assouline, Chriqui, Harrus, Oiknine....), de leurs traits physiques et de leur mode de comportement.L'épithète "fils de shleuh" utilisé par les juifs marocains, avait une connotation péjorative; il est devenu synonyme de "simplet" en argot israélien.Il y eut une division hiérarchique entre les différents types de juifs marocains : les hispanophones, les francophones, les arabophones et les berbérophones. Pendant la période du protectorat, des tensions très vives entre les différentes couches de la population accompagnèrent l'arrivée de nombreux juifs ruraux originaires de l'Atlas dans le mellah de Marrakech. Certaines preuves linguistiques semblent démontrer l'existence, au XX siècle, de communautés juives éparses berbérophones, mais on n'a retrouvé aucune tradition indiquant que le berbère était utilisé dans l'enseignement, dans la lecture des textes religieux ou dans la récitation des prières.Après l'Indépendance du Maroc, les dirigeants du judaïsme marocain ne pouvant faire grande chose pour relever les communautés rurales du sud, pensèrent que celles-ci seraient mieux en Israël.Contrairement à l'idée prévalent en Israël, selon laquelle les juifs de cette contrée étaient totalement ignorants du sionisme politique, la Geniza d'Illigh a apporté la preuve de la diffusion de textes hébreux modernes et de pamphlets sionistes. |