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Par David Bronner pour Guysen Israël News C’était il y a quinze ans, au milieu de l’hiver de l’année 1992. Malade, éprouvé par la perte de son épouse qui l’avait accompagné dans tous ses combats, neuf ans après avoir renoncé à diriger le pays dont il avait passé sa vie à conquérir la terre, puis le pouvoir, Menahem Begin partait dans l’autre monde. Il avait demandé à ne pas être inhumé parmi les dirigeants israéliens au cimetière du Mont Herzl pour reposer auprès de sa femme au Mont des Oliviers. Humble jusqu’au bout, Begin avait un sens aigu de la justice, une vision unique d’Israël et du peuple juif et il était habité d’un désir de paix véritable. Si Menahem Begin appartient à la génération des pères fondateurs de l’Etat d’Israël, il est aussi l’homme qui avait su moderniser Israël en faisant vivre les valeurs fondamentales du judaïsme, que sont l’unité, le respect et le Shalom.
Menahem Begin est né en 1913 à Brest-Litovsk, ville sous domination russe au 19ème siècle, célèbre pour avoir donné son nom au traité de paix entre l’Allemagne et la Russie bolchévique en mars 1918. Dans l’entre-deux-guerres, Brest-Litovsk est une ville polonaise. Menahem Begin milite très jeune au sein des organisations juives, d’abord dans les rangs de l’organisation sioniste de gauche "Hashomer Hatsaïr" puis au "Betar" où il adhère en 1928, et dont il prend la direction en 1939. Il conserva toute sa vie l'application des principes religieux et resta proche du judaïsme orthodoxe. Cela lui valut d'ailleurs le pseudonyme de "Rabbi Haim Sussover" des années plus tard, lorsqu’au sein de l’Irgoun il combattait le pouvoir britannique en Palestine.
Quand la Deuxième guerre mondiale éclate, ce juriste de 26 ans trouve refuge avec sa femme Aliza à Vilna, en Lituanie. Comme il poursuit ses activités politiques, les autorités soviétiques l’arrêtent et le condamnent à huit ans de prison. Envoyé dans un camp de travail en Sibérie, il est libéré un an plus tard grâce à un accord signé entre Moscou et le gouvernement polonais en exil à Londres. Il s’engage alors dans les rangs de l’armée polonaise du général Anders avec laquelle il rejoint la Palestine en 1942. Il reprend ses activités politiques, déserte de l’armée du général Anders en 1943 en compagnie d'autres soldats juifs.
En 1943, il est nommé commandant de l’Irgoun, une organisation issue du Betar, après la disparition de ses deux leaders, David Raziel et Zeev Jabotinsky. Fervent admirateur du sionisme révisionniste, il en devint l’héritier.
Begin était outré par les mesures prises contre l'immigration juive en Palestine, choqué de constater que malgré le traitement réservé aux Juifs pendant le Seconde Guerre mondiale et l'afflux des réfugiés des camps d'extermination de la Shoah, les britanniques maintinrent fermées les frontières de la Palestine, accusant ainsi les britanniques d'appliquer des mesures pro-arabes.
Contre l’avis de la Haganah, il parvient à convaincre ses camarades de rompre la trêve conclue avec les Anglais au début de la Deuxième guerre mondiale et lance l’Irgoun dans une série d’attaques contre la puissance mandatrice, dont le célèbre attentat de l’hôtel King David à Jérusalem en 1946. Il fut alors contraint d’entrer en clandestinité.
Begin continua à échapper aux services britanniques et à l'Agence Juive qui le pourchassaient et à commander depuis ses cachettes une armée de milliers de combattants, jusqu'au retrait britannique en 1948.
A son combat contre les Anglais, s’ajoutent les luttes politiques internes et les rivalités de la Haganah qui se désolidarise de la résistance de l’Irgoun. Ben Gourion, soucieux d’unifier toutes les branches de la résistance juive, fit couler en juin 1948, en face de Tel Aviv, un navire chargé d’immigrants et d’armes, affrété par l’Irgoun, l’Altalena.
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